L'idée d'une Police de l'Arc jurassien avait été lancée en avril dernier par le ministre Charles Juillard et le conseiller d'Etat Jean Studer. Le projet avait été confié au commandant de la police jurassienne, Olivier Guéniat (à gauche).
Gaël Klein, RTS
Les conclusions de l'étude de faisabilité ont été dévoilées ce jeudi 22 décembre à Delémont par Charles Juillard et Jean Studer, ministre jurassien et conseiller d'Etat neuchâtelois en charge de la police. Tous deux ont rappelé que la structure fédérale de la police devient problématique dans le contexte actuel des missions sécuritaires et des ressources à disposition.
C'est pourquoi il faut accroître les synergies. Vu l’harmonisation fédérale du code de procédure pénale, en plus de celle de la formation, ainsi que la coopération historique déjà forte entre les Polices du Jura et de Neuchâtel, l’occasion de la création d’une police régionale prend tout son sens, souligne le communiqué diffusé à cette occasion.
Au printemps 2011, MM. Juillard et Studer ont pris l’initiative de réfléchir à une police commune aux deux cantons. Une organisation de projet a été mise sur pied, qui intègre outre les commandants, l’ancien conseiller d’Etat zurichois Markus Notter, la société TC Team Consult et des experts de l’Université de Neuchâtel et de la HE-ARC.
D'après le communiqué, cette réforme a pour priorité l’efficacité et l'efficience de la police, sans accroître les coûts de manière significative, tout en optimisant les conditions de travail des policiers. De ce fait, elle n´impliquerait aucune perte d´emploi ou de revenu.
Unique en Suisse
Toujours selon le communiqué diffusé par les deux polices, la solution étudiée, unique en Suisse, permettrait, par la mise en commun des ressources et la réduction des doublons, de rester réaliste sur les budgets futurs alloués à la sécurité publique.
Le projet de la Police de l’Arc jurassien, s'il est accepté, serait aussi une référence au niveau suisse en matière de qualité des prestations, de gestion des ressources et d’innovation. En particulier, sont visés :
- un développement permanent de la qualité des prestations (police de proximité, secours, judiciaire, circulation, grands événements);
- de meilleures conditions de travail et la création d’un statut du personnel policier adapté aux spécificités de la profession;
- une maîtrise des coûts de la sécurité face à l’évolution des besoins;
- 10% de ressources ré-orientables vers du travail de police, au service du citoyen ;
- une identité juridique et un budget propres;
- une conduite et supervision politique par des organes communs;
- une ouverture à des partenariats supplémentaires (autres polices et autres corps de sécurité)
- une gestion moderne et transparente.
Une organisation policière régionale ne se ferait pas au détriment du lien avec la population, conclut le communiqué. "Elle n’impliquera en rien une baisse de la proximité, au contraire, car des forces seront dédiées entièrement, comme c’est déjà le cas à Neuchâtel, à la police de proximité".
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